Les autrices
Les autrices sélectionnées explorent la vie loin des stéréotypes et des clichés, mettent à jour les complémentarités et les tensions entre les pratiques traditionnelles et la modernité, soulèvent des questions autour de la santé, l’intimité, la sexualité, le traitement du corps (modelage/oppression) le désir d’émancipation et d’éducation, les religions et le pouvoir, qui sont souvent abordés ailleurs de façon partielle et schématique.
Découvrez nos Autrices :
ANANDA DEVI / ÎLE MAURICE – EVE DE SES DÉCOMBRES (2006) & MANGER L’AUTRE (2018)
Née le 23 mars 1957 à Trois-Boutiques et vit à Ferney-Voltaire. Romancière d’origine telougou (Inde du sud), Ananda est une femme de lettres mauricienne. Elle est très vite confrontée à plusieurs langues : le français, le créole, l’anglais et le telugu. Enfant, elle commence à se passionner pour l’écriture en écrivant essentiellement de la poésie. À 15 ans, elle remporte un concours d’écriture avec l’ORTF (Radio France) qui publie sa nouvelle. Elle publie son premier recueil de nouvelles à 19 ans. Elle soutient un doctorat d’anthropologie sociale à l’université de Londres. Dans ses romans et nouvelles, elle offre aux lecteurs une vision de l’île Maurice moins idyllique que la vision officielle transmise aux touristes. Elle a obtenu le Prix des cinq continents de la francophonie et le prix RFO avec son roman Ève de ses décombres en 2006. En 2007, Indian tango est sur la liste des Prix Fémina et France Télévisions. En 2010, son remarquable Sari vert reçoit le Prix Louis Guillou. Ananda Devi est faite Chevalier des Arts et des Lettres en 2010. Elle écrit de nombreux romans et nouvelles : Solstices (1977), Le Poids des êtres (1987), Rue la Poudrière (1988), Le Voile de Draupadi (1993), La Fin des pierres et des âges (1993), L’Arbre-fouet (1997), Moi, l’interdite (2000), Les Chemins du long désir (2001), Pagli (2001), Soupir (2002), Le Long Désir (2003), La Vie de Joséphin le Fou (2003), Eve de ses décombres (2006), Indian Tango (2007), Le Sari vert (2009), Quand la nuit consent à me parler (2011), Les hommes qui me parlent (2011), Les Jours vivants (2013), L’Ambassadeur triste (2015).
BESSORA / BELGIQUE-SUISSE-GABON – LES ORPHELINS (2021), 53 CM ( 1999)
Bessora Née à Bruxelles en 1968, Bessora grandit en Europe, aux Etats-Unis, en Afrique. Après une carrière dans la finance internationale à Genève, elle reprend des études d’anthropologie. Ses nombreux séjours à l’étranger (Belgique, Suisse, Autriche, France, États-Unis, Gabon) et ses multiples origines (Gabon, Suisse, Allemagne, Pologne) donnent à son écriture un caractère « libre, exigeant, inclassable
Elle travaille quelques années dans la finance avant de changer de cap. À la suite d’un voyage en Afrique du Sud, elle reprend des études en anthropologie à Paris et publie ainsi son premier roman 53 cm en 1999. Elle soutient une thèse sur l’exploration pétrolière au Gabon en 2002 et continue à écrire. Elle obtient le prix Fénéon en 2001 pour son roman Les Taches d’encre et le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2007 pour son roman Cueillez-moi, jolis Messieurs… Deux bébés et l’addition paraît en 2002, Courant d’air aux Galeries en 2003, Petroleum en 2004, Et si Dieu me demande, dites-Lui que je dors en 2008, Cyr@no en 2011 a fait partie de la sélection du prix France Télévisions 2011. Son roman Les orphelins (Lattès, 2021) a reçu un très bel accueil critique et a été Finaliste du Prix Ouest-France-Etonnants voyageurs et du Prix des 5 continents de la francophonie.
LÉONORA MIANO / CAMEROUN – ÉCRITS POUR LA PAROLE (2012) & AFROPEAN SOUL (2008)
Née en 1973 à Douala, sur la côte du Cameroun. Elle s’installe en France en 1991à Valenciennes puis à Nanterre, et étudie la littérature américaine. L’intérieur de la nuit, son premier roman est publié en 2005. Depuis cet ouvrage couronné de plusieurs prix, Léonora Miano accumule les récompenses littéraires. Son écriture s’attache aux expériences subsahariennes et afrodescendantes, les inscrivant dans la conscience du monde. Elle est la 1ère autrice de fiction à avoir fait pénétrer les identités « afropéennes » dans le texte littéraire. Elle écrit La saison de l’ombre, qui présente la Traite transatlantique du point de vue intime des populations subsahariennes endeuillées par cette tragédie. Il reçoit le Prix Fémina et le Grand Prix du Roman Métis. En 2012, elle écrit Habiter la frontière, et Écrits pour la parole qui reçoit le Prix Seligmann contre le racisme, puis Ces âmes chagrines en 2011. En 2010 : Blues pour Elise en 2010 et Les aubes écarlates, qui obtient le Trophée des arts afro-caribéens, Soulfood équatoriale en 2009 – Prix Eugénie Brazier (coup de coeur). Tels des astres éteints, et Afropean soul en 2008. Contours du jour qui vient, qui reçoit le Prix Goncourt des lycéens en 2006 et le Prix de l’Excellence camerounaise en 2007. L’intérieur de la nuit : Prix Louis Guilloux en 2006, Prix René Fallet en 2006, Prix Montalembert du premier roman de femme en 2006, Prix Grinzane Cavour en 2008. Ce roman est inscrit au programme scolaire camerounais depuis l’année 2010, pour les classes de seconde. Léonora Miano reçoit le Grand Prix Littéraire de l’Afrique noire pour l’ensemble de son oeuvre en 2012 ainsi que les distinctions de Chevalier des Arts et des Lettres (France) et le Prix littéraire de la Porte dorée en 2014. Présidente du jury, Martin Luther King Jr., Cesar Chavez, Rosa Parks Visiting Professorship, University of Michigan Ann Arbor en octobre 2012, elle est l’Invitée d’honneur de la ville de Nantes en mai 2012 et membre du comité de parrainage du Prix Ouest France Etonnants Voyageurs en 2011.
YANNICK LAHENS / HAÏTI – LA PETITE CORRUPTION (2003)
Née à Port-au-Prince en 1953, Elle fait ses études secondaires et supérieures en France, avant de retourner en Haïti pour enseigner la littérature à l’université d’État jusqu’en 1995. Longtemps professeur, mais aussi journaliste (revus et émission (Entre nous, Radio Haïti Inter), elle se consacre au développement social et culturel de son pays. Après avoir coordonné les activités d’une plateforme de la société civile, son action a été saluée en 2007 par le Collectif féminin haïtien. Cofondatrice de « l’Association des écrivains haïtiens » qui lutte contre l’illettrisme, elle a également créé en 2008, « Action pour le changement » (APC), destiné à former les jeunes générations aux stratégies de développement durable, à les sensibiliser à des questions d’intérêt national et à renforcer le lien social (réalisation de courts-métrages). Cette fondation a permis la construction de 4 bibliothèques supplémentaires en Haïti. Membre du « Conseil international d’études francophones », elle a fait partie du cabinet du ministre de la Culture de Raoul Peck (de 1996 à 1997). En 1998, elle dirige le projet « la Route de l’esclavage » qui s’intéresse à la problématique de l’esclavage en Haïti, à travers les sciences et les arts. En 2014, elle obtient le titre d’officier des Arts et des Lettres par l’ambassadeur de France en Haïti. Grande figure de la littérature haïtienne, elle reçoit en 2011 le prix d’Excellence de l’Association d’études haïtiennes pour l’ensemble de son œuvre. Elle brosse sans complaisance le tableau de la réalité caribéenne dans chacun de ses livres. Elle est l’auteur entre autres, de L’Exil : entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien (1990), Tante Résia et les Dieux (1994). Dans la maison du père, son 1er roman (2000). La Couleur de l’aube (2008) distingué par plusieurs prix : prix du livre RFO 2009, prix littéraire Richelieu de la Francophonie 2009, prix Millepages 2008. En 2010 son récit Failles, inspiré du séisme qui a frappé Haïti la même année. Guillaume et Nathalie (2013), obtient le prix Carbet des lycéens 2014 et le prix Caraïbes de l’ADELF 2013. Bain de lune (2014), son grand roman de la terre haïtienne, fruit de plusieurs années de travail et qui obtient le prix Femina.
FATOU DIOME / Sénégal – Celles qui attendent (2010)
Née sur l’île de Niodior dans le delta du Saloum, au sud- ouest du Sénégal.
En décalage avec le microcosme de l’île, elle décide d’aller à l’école en cachette jusqu’à ce que son instituteur parvienne à convaincre son aïeule qu’elle puisse être “éduquée”. À treize ans, elle quitte son village pour poursuivre ses études dans d’autres villes du Sénégal. Elle finit par entamer des études universitaires à Dakar et songe à devenir professeur de français. En 1994, elle s’installe à Strasbourg. Après des études de Lettres à l’Université de Strasbourg où elle présente son Doctorat ès lettres sur Le Voyage, les échanges et la formation dans l’œuvre littéraire et cinématographique de Sembène Ousmane, elle enseigne à l’Université Marc Bloch de Strasbourg et à l’Institut supérieur de pédagogie de Karlsruhe, en Allemagne. Elle se consacre ainsi à l’écriture et publie La Préférence nationale, un recueil de nouvelles, aux éditions Présence africaine en 2001. Le Ventre de l’Atlantique est son premier roman, paru en 2003 aux éditions Anne Carrière. Suivent ensuite, Kétala, (2006), Inassouvies nos vies en 2008, en 2010 : Celles qui attendent, Le vieil homme sur la barque, récit (illustrations de Titouan Lamazou) et Mauve, Impossible de grandir en 2013. La France et l’Afrique forment le cadre de ses œuvres de fiction. Son style est inspiré par l’art traditionnel de narration, tel qu’il est toujours connu dans l’Afrique contemporaine. Elle écrit de façon précise et authentique, avec un humour impitoyable et un langage tranchant mais nuancé, qui la caractérisent.
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