« Notre peuple n’a pas soudain enfanté une génération de petits êtres malfaisants, et bien des démons n’existent qu’au fond de nous. C’est ce que nous croyons qui finit par prendre corps, et par nous dévorer. (…) Je crois à l’authentique plaisir de vivre l’alternance de la mélancolie et de la joie, et je crois que la misère est une circonstance, non pas une sentence » (…) « Qu’il soit fait clair pour tous que le passé ignoré confisque les lendemains »

Léonora Maino

Biographie

Léonora Miano est née en 1973 à Douala, sur la côte du Cameroun. Elle s’installe en France en 1991à Valenciennes puis à Nanterre, et étudie la littérature américaine. L’intérieur de la nuit, son premier roman est publié en 2005. Depuis cet ouvrage couronné de plusieurs prix, Léonora Miano accumule les récompenses littéraires. Son écriture s’attache aux expériences subsahariennes et afrodescendantes, les inscrivant dans la conscience du monde. Elle est la 1ère autrice de fiction à avoir fait pénétrer les identités « afropéennes » dans le texte littéraire. Elle écrit La saison de l’ombre, qui présente la Traite transatlantique du point de vue intime des populations subsahariennes endeuillées par cette tragédie. Il reçoit le Prix Fémina et le Grand Prix du Roman Métis. En 2012, elle écrit Habiter la frontière, et Écrits pour la parole qui reçoit le Prix Seligmann contre le racisme, puis Ces âmes chagrines en 2011. En 2010 : Blues pour Elise en 2010 et Les aubes écarlates, qui obtient le Trophée des arts afro-caribéens, Soulfood équatoriale en 2009 – Prix Eugénie Brazier (coup de coeur). Tels des astres éteints, et Afropean soul en 2008. Contours du jour qui vient, qui reçoit le Prix Goncourt des lycéens en 2006 et le Prix de l’Excellence camerounaise en 2007. L’intérieur de la nuit : Prix Louis Guilloux en 2006, Prix René Fallet en 2006, Prix Montalembert du premier roman de femme en 2006, Prix Grinzane Cavour en 2008. Ce roman est inscrit au programme scolaire camerounais depuis l’année 2010, pour les classes de seconde. Léonora Miano reçoit le Grand Prix Littéraire de l’Afrique noire pour l’ensemble de son oeuvre en 2012 ainsi que les distinctions de Chevalier des Arts et des Lettres (France) et le Prix littéraire de la Porte dorée en 2014. Présidente du jury, Martin Luther King Jr., Cesar Chavez, Rosa Parks Visiting Professorship, University of Michigan Ann Arbor en octobre 2012, elle est l’Invitée d’honneur de la ville de Nantes en mai 2012 et membre du comité de parrainage du Prix Ouest France Etonnants Voyageurs en 2011.

Lecture-spectacle  « Écrits pour la parole », 2012

Interprétations : Elsa Poisot et Line Guellati 

Mise en lecture : Sarah Brahy / Création sonore : Joachim Glaude

Premier texte littéraire proposé pour le théâtre. Ensemble d’écrits structurés en 2 mouvements intitulés In-tranquilles et Femme in a city. La parole est donnée à ceux qui ne l’ont pas habituellement, ils parlent pour eux-mêmes, protestent, crient, expliquent, analysent à travers un prisme particulier. Imaginons une foule, une multitude française, noire, composée d’individus ayant chacun sa sensibilité et son histoire personnelle. Forment-ils une communauté ? Comment construire son individualité lorsque l’on est en situation dite de “minorité” ? Comment s’ancre-t-on avec lucidité dans un espace donné quand on chérie d’autres appartenances ? Plusieurs  réponses sont proposées dans ce kaléidoscope sensible et politique.

Public cible : Tout public / Adolescents

Thématiques abordées : L’identité, le poids des traditions, l’absence des pères, l’exil, les couples mixtes, le métissage, l’absence de transmission de l’Histoire des colonies, le sexe, les non-dits, la mémoire tronquée…

Lecture-spectacle « Afropean soul », 2008

Interprétations : Elsa Poisot et Line Guellati 

Mise en lecture : Layla Nabulsi

Ensemble de nouvelles, Afropean Soul dépeint plusieurs destins. L’un est âgé de neuf ans. C’est encore un enfant. Pourtant, il comprend : la misère, la solitude et la relégation sociale de sa mère, diplômée en lettres mais condamnée à n’être qu’une voix répondant au téléphone. L’autre est un jeune footballeur prometteur. Il a quitté sa ville natale – Douala – et les siens pour réussir en France. De l’Hexagone, il ne connaît pas les vertes pelouses, seulement la rue et l’exclusion. Et puis, derrière la porte noire du 166, rue de C., il y a Amélie, Sophie, Maya et les autres. On ignore leur présence. Elles vivent à Paris, dans un centre d’hébergement d’urgence. Par touches successives, ces récits dessinent les visages de celles et ceux que l’on croise sans les voir. Levant le voile sur leurs parcours, ils les sauvent de l’oubli. Le volume réunit cinq nouvelles inédites de Léonora Miano, lauréate du Goncourt des Lycéens 2006.

Public cible : Tout public / touche particulièrement les adolescents

Thématiques abordées :

“Depuis la première heure”  évoque la difficile question du retour au pays. Le sentiment de honte auprès des siens de ne pas avoir réussi dans un pays qui dit pouvoir « offrir » toutes les chances. La désillusion, le mépris d’une terre d’accueil.

“Filles du bord de ligne” parle d’un groupe de filles qui gardent enfoui en elles le souvenir douloureux de l’excision. Cette cicatrice représente symboliquement leur coupure avec le reste de la société. Toutes celles qui ne leur ressemblent pas sont considérées comme des menaces.

“Fabrique de nos âmes insurgées” raconte une banlieue parisienne. La solitude d’un enfant dans la misère, la bande du coin. La précarité forcée malgré les reconnaissances professionnelles faute d’avoir la nationalité française.

“Afropean Soul” est l’histoire d’un jeune homme qui travaille dans un centre d’appel pour pouvoir payer ses études. Il change alors de nom, devient « Dominique Dumas » pour effacer sa couleur. « L’immigration » qui fait partie de l’identité nationale. La discrimination à l’emploi.